27/07/2026

Jean-Pierre Savelli : « La musique évolue, mais l’émotion reste »

Chanteur caméléon au parcours de plus de cinq décennies, Jean-Pierre Savelli observe l’évolution du paysage musical avec recul, lucidité et passion.

PBPar Pierre BEGLIOMINI Photo Philippe OLIVIERJournaliste 19 août 2025 Lecture : 3 min
Jean-Pierre Savelli : « La musique évolue, mais l’émotion reste »
Jean-Pierre Savelli : « La musique évolue, mais l’émotion reste »© La Gazette du Var
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Dans ce dernier rendez-vous de l'été, il partage son regard sur les tendances actuelles, l'impact des émissions télévisées et l'héritage musical. Vous avez traversé plusieurs époques musicales. Comment percevez-vous l'évolution de la musique aujourd'hui ? JPS.

Jean-Pierre Savelli : « La musique évolue, mais l’émotion reste »

La musique a changé, bien sûr, mais je ne suis pas nostalgique des années 70 ou 80. Chaque décennie a eu sa couleur : disco, balades, slow... Les slows, d'ailleurs, ont pratiquement disparu.

Pourtant, dès qu'un chanteur ose sortir une vraie balade romantique, ça cartonne. L'émotion ne vieillit pas, elle prend juste de nouvelles formes. Sur scène, comment s'adapte-t-on à cette transformation du goût du public ?

JPS.

Il faut du rythme pour embarquer le public, des morceaux qui font taper dans les mains. Mais moi, je reste fidèle à mon ADN de chanteur de balades. Je ne vais pas vers ce que je ne maîtrise pas : le rock, par exemple, ce n'est pas mon terrain.

En revanche, je suis curieux de ce qui se fait. Entre vous et votre fille Lola, il semble y avoir un vrai dialogue musical. Quelle place occupe-t-elle dans vos découvertes sonores actuelles ?

JPS.

Énorme. Elle est dans une école de musique à Paris, ingénieur du son, et grâce à elle je découvre des artistes actuels que je n'aurais jamais écoutés seul. Je lui ai fait découvrir Nat King Cole, Sinatra, Dean Martin...

Des monstres de la voix. Enfant, elle s'endormait sur mes balades et celles de mon père. Aujourd'hui, elle écoute tout sauf le rap, qu'elle laisse un peu de côté.

Parlons de la scène actuelle : les "crochets" ont laissé place à des formats comme The Voice. Que pensez-vous de cette évolution ? JPS.

Elle reflète son époque : plus de spectacle, plus d'impact immédiat. Mais je suis sceptique sur la liberté des jurés. Je me demande parfois s'ils sont "dirigés", si ce qu'ils disent est vraiment spontané.

J'ai beaucoup d'admiration pour Florent Pagny, sa voix est incroyable, mais on sent qu'il attend toujours la note "forte". Il faut rappeler qu'on peut chanter parfaitement bien sans forcément monter dans les aigus. Et les artistes issus de ces émissions, comme Jenifer ?

JPS.

Jenifer est un bel exemple. Elle vient de la Star Academy, ça fait 25 ans, elle est fabuleuse sur scène. Elle ne compose pas, mais elle sait s'entourer.

Et c'est essentiel : connaître ses forces, travailler avec les bons auteurs et compositeurs. C'est valable pour tout artiste. Vous êtes l'un des rares de votre génération à continuer à produire activement...

JPS.

C'est ma nature. Je suis un artisan de la mélodie. J'avance à mon rythme, libre. Je ne dépends de personne. Et surtout, je fais encore ce que j'aime. Il faut croire en ses idées. Un conseil à ceux qui débutent dans le métier ?

JPS. Garder confiance en soi et rester fidèle à sa singularité. Même si c'est difficile, si c'est « trop original » comme certains disent... Un jour, ça finira par toucher quelqu'un. Quelles sont les prochaines dates où le public peut vous retrouver ? JPS.

Le 29 août, ce sera la grande date avec notre spectacle Les Décennies. Un voyage musical des années 50 aux années 2000, avec 14 artistes sur scène, des costumes magnifiques, du chant, de la danse... Une vraie fête.

Propos recueillis par Pierre BEGLIOMINI Photo Philippe OLIVIER.