27/07/2026

Une philosophie qui rayonne Une architecture douce et vivante Une jeunesse au cœur Une bataille de…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 3 novembre 2025 Lecture : 2 min
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une cité lacustre inspirée de Venise : Port-Grimaud. Construite sans soutien bancaire, portée par la passion de la voile et l’audace d’un homme, cette ville sur l’eau devient une utopie réalisée. Denise Spoerry, témoin direct de cette aventure, revient sur les débuts du chantier, la personnalité de François Spoerry, et l’héritage d’une architecture douce.

Comment êtes-vous entrée dans l’aventure ?

En 1968, des amis de l’école des Beaux-Arts de Mulhouse m’ont proposé de les rejoindre à Port Grimaud dans le sud de la France sur un projet d’architecte. Je découvre les prémices : quelques maisons, un canal, des plans. J’ai su que je ne pourrais rien faire d’aussi fort. Je me suis installée, et je ne suis jamais repartie.

Quelle ambiance régnait sur le chantier ?

C’était l’excitation, la fête, la vitesse. Les gens venaient, curieux, mais il n’y avait rien à vendre encore. On leur disait : « Ce sera prêt dans un an ou deux ». C’était ludique, les vacances, le plaisir, les bateaux... Moi, je suis tombée amoureuse de Port-Grimaud.

Avec le recul, quel est selon vous le secret de cette réussite ?

Deux éléments : la passion d’un architecte visionnaire, et un site vierge offrant la liberté de recréer une lagune vénitienne en Provence.

Comment s’est pensée la conception architecturale ?

Tout a été dessiné à Mulhouse, dans ses bureaux avec l’aide précieuse de plusieurs collaborateurs dont l’un d’entre eux, Armand Spiegel, toujours présent. François pensait en infrastructures de vie, à la manière du

Il a poursuivi des projets ailleurs ?

Oui, à Hyères près des salins, tout était signé et le projet fut bloqué par un changement de gouvernement. En Guadeloupe, il étudiait une cité lacustre. Il a aussi travaillé en Égypte, en Turquie, en Asie, à New York... Là-bas, il y avait plus de liberté.

Et sur le plan sécuritaire ?

Port-Grimaud n’est pas un simple projet immobilier, c’est un rêve amarré dans le golfe de Saint-Tropez. Un refus du béton, et une foi dans le vivre-ensemble. Et grâce à ceux qui l’ont bâti, il continue de naviguer dans le cœur des visiteurs et des habitants. François Spoerry a su conjuguer art, audace et humanisme. Son œuvre continue d’inspirer bien au-delà du littoral varois.

Un dernier épisode éclaire les tensions entre la commune de Grimaud et les instances représentatives de Port-Grimaud : la décision de l’INPI d’annuler les marques « Port Grimaud »