Fabien Piersanti : « Au plus haut sommet de l’État, on nous traite avec mépris et cynisme » !
Les 16 et 18 décembre 2025, Fabien Piersanti, président de la Fédération du BTP du Var, a présenté ses vœux aux représentants de la profession qui n'ont pas…

À l'occasion de cette cérémonie des vœux, la deuxième pour le patron du BTP du Var, ce dernier a tenté de faire des prévisions. Mais la prévision est difficile, surtout lorsqu'elle concerne l'avenir, comme le disait le facétieux Pierre Dac ! Et qui se risquerait à faire des prévisions dans le contexte politique et économique actuel ?
D'autant que la France entre, en 2026, dans un tunnel électoral dont elle ne sortira que dans un an et demi, après l'élection présidentielle et une éventuelle législative anticipée. Aussi, un tel exercice de prédiction économique devient un projet kamikaze.

Fabien Piersanti en est sûr : « Nous sommes dans une période d'incertitude et de décisions néfastes qui contribuent à la dégradation de l'économie et de notre secteur. D'ailleurs, la structure même de notre marché change ». Et, sur ce point, les chiffres lui donnent raison. Il y a 5 à 6 ans, le chiffre d'affaires du BTP s'établissait à 55% dans les travaux neufs et 45% dans l'entretien – rénovation. Désormais, c'est l'inverse. Le neuf est en recul et ne représente plus que 45% du chiffre d'affaires. On mesure ce recul dans la production de logements. Le président décrypte la situation : « Dans le Var, avec moins de 4 000 unités mises en chantier en 2024 et environ 4 500 sur les 12 derniers mois, le BTP produit 50 à 60% de logements en moins qu'en 2019. C'est un bouleversement colossal ! Ce cataclysme, nous le devons à des décennies d'absence de politique cohérente pour le logement au plan national et surtout au chaos organisé par l'exécutif du pays qui, depuis 8 ans, au plus haut sommet de l'Etat, nous traite avec mépris et cynisme ».

MÉPRIS ET CYNISME DE L'ÉTAT Fabien Piersanti en est sûr : « Nous sommes dans une période d'incertitude et de décisions néfastes qui contribuent à la dégradation de l'économie et de notre secteur. D'ailleurs, la structure même de notre marché change ». Et, sur ce point, les chiffres lui donnent raison.
Il y a 5 à 6 ans, le chiffre d'affaires du BTP s'établissait à 55% dans les travaux neufs et 45% dans l'entretien – rénovation. Désormais, c'est l'inverse. Le neuf est en recul et ne représente plus que 45% du chiffre d'affaires.
On ne mesure ce recul dans la production de logements. Le président décrypte la situation : « Dans le Var, avec moins de 4 000 unités mises en chantier en 2024 et environ 4 500 sur les 12 derniers mois, le BTP produit 50 à 60% de logements en moins qu'en 2019. C'est un bouleversement colossal !
Ce cataclysme, nous le devons à des décennies d'absence de politique cohérente pour le logement au plan national et surtout au chaos organisé par l'exécutif du pays, depuis 8 ans, au plus haut sommet de l'État, nous traite avec mépris et cynisme ».
BOMBE SOCIALE Avec un certain pessimisme, il ajoute : « La construction de logements neufs est un marché essentiel pour nos entreprises mais il est avant tout un besoin sociétal pour nos concitoyens qui ne parviennent plus à se loger. Les besoins existent partout, que ce soit pour les étudiants qui sont près de 20% à renoncer à leurs études faute de logement, la mobilité professionnelle qui est bloquée faute de logements accessibles ou encore l'autonomie et le maintien à domicile des seniors qui sont remis en cause par le coût prohibitif et l'offre trop rare de logements adaptés. Gare à cette bombe sociale qui explosera tôt ou tard !
J'espère qu'on se souviendra des alertes lancées par notre branche professionnelle lorsqu'il s'agira d'établir les responsabilités car en plus du drame social qui se trame, nos entreprises compteront parmi les victimes collatérales de cette situation au même titre que la population. Vraiment, tout cela est incompréhensible », se désole le patron de la fédération !

Pourtant, le patron du BTP du Var l'assure : « Nous ne résignons pas ! Notre Fédération reste active à tous les échelons de son organisation. Elle est aussi active grâce à l'alliance pour le logement qui mobilise la filière de l'immobilier tout entière : on y retrouve les professionnels de l'immobilier, les notaires, les architectes, les bureaux d'études, les maîtres d'ouvrages privés et bien sûr sur les entreprises du BTP ».
LES ENJEUX DU BTP Cette alliance trouve sa déclinaison dans l'Observatoire Immobilier de Provence dont Fabien Piersanti a pris la présidence de la délégation varoise en septembre 2025 pour deux ans. Ainsi, les messages en faveur du logement auprès des collectivités et pour éviter le recul des droits à construire porteront d'autant mieux que la filière sera unie pour parler d'une même voix. Le président du BTP explique : « Nous préparons un manifeste pour alimenter le débat des élections municipales et placer nos enjeux au cœur de la campagne avec force et conviction.
Ne pouvant compter sur la politique nationale, nous nous tournons vers les autorités locales pour solliciter des mesures de soutien au logement mais aussi en matière de commande publique avec les marchés de travaux. Certes, l'entrée en année électorale n'est jamais favorable pour les travaux et nous ne le découvrons pas. Notre Fédération aura encore à expliquer que nos communes et notre département ont besoin de ces travaux pour entretenir les infrastructures et les bâtiments, mais aussi pour investir dans de nouveaux équipements pour améliorer l'attractivité et la compétitivité de nos territoires ».
Il reprend : « Nos concitoyens n'oublient trop souvent, mais les travaux améliorent notre cadre de vie et derrière la nuisance temporaire du bruit, de la poussière et des encombrements, il y a toujours un avenir meilleur qui se dessine pour les administrés et utilisateurs que nous sommes tous. En matière d'entretien des infrastructures, reporter les travaux et attendre que les ouvrages se dégradent en renchérit le coût de façon significative et c'est un argument fort pour le bon usage du denier public. Mais au-delà de ces considérations, 2026 n'est certainement pas l'année où la commande publique doit faiblir et les investissements ralentir.
Il faut dire aux communes, aux intercommunalités, au Département, à la Région et à l'État qu'ils ont une responsabilité à soutenir le marché. Les errances de la politique nationale bloquent suffisamment l'investissement privé pour justifier que la commande publique prenne le relai localement. Sinon, le risque est de plonger notre secteur d'activité dans le marasme et avec lui toute la cohorte d'activités qui en dépendent », conclut, avec réalisme, Fabien Piersanti (...)
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Photos Philippe OLIVIER.