27/07/2026

Des fantassins les pieds dans la Méditerranée

Le 4 février, une force de frappe composée de fantassins corréziens et de marins a investi le littoral varois pour une répétition générale spectaculaire avant…

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 9 mars 2026 Lecture : 3 min
Des fantassins les pieds dans la Méditerranée
Des fantassins les pieds dans la Méditerranée© La Gazette du Var
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Ce matin brumeux de février, loin de leurs bases de Brive-la-Gaillarde, les soldats du 126ème régiment d'infanterie (RI), surnommés les « Bisons », ont opéré un débarquement massif sur les côtes méditerranéennes. Pour ces spécialistes du combat terrestre, l'opération marquait un changement de dimension radical : passer de la terre ferme à la projection maritime sous le feu potentiel de l'ennemi. Ils étaient une centaine de combattants à fouler le sable varois dès 8h, débarquant d'une force amphibie déployée au large.

Cette manœuvre logistique et tactique a permis de mettre à l'épreuve près d'une cinquantaine de véhicules dont les blindés légers et les redoutables VAB (Véhicules de l'Avant Blindés). Au cœur du dispositif, le GRIFFON, véhicule blindé multi-rôles emblématique du programme SCORPION, a démontré sa capacité à être projeté depuis la mer.

Cette séquence n'était pas un simple entraînement de routine. Elle constituait le prélude opérationnel à la phase 0. 2 de l'exercice ORION 26, baptisée « conquête de supériorité de zone ».

L'objectif est de préparer le groupement tactique embarqué (GTE) de l'armée de Terre à opérer en parfaite synergie avec les bâtiments de la Marine nationale. Ici, la Marine engage ses porte-hélicoptères amphibies (PHA), véritables couteaux suisses capables de mener des opérations de gestion de crise ou de transport sous faible préavis.

Des fantassins les pieds dans la Méditerranée

SCÉNARIO DE GUERRE HYBRIDE L'ombre de la « haute intensité » a longuement plané sur cet exercice. ORION 26 plonge en effet les armées dans un scénario fictif mais particulièrement crédible, inspiré des standards de l'OTAN. La trame de fond oppose la coalition alliée à « Mercure », un état expansionniste cherchant à déstabiliser son voisin « Arnland » pour empêcher son adhésion à l'Union Européenne.

Face à ce compétiteur stratégique qui multiplie les attaques hybrides, la France, nation-cadre, doit démontrer sa capacité à entrer en premier sur un théâtre d'opération. C'était tout l'enjeu de cette manœuvre car il s'agissait de valider les savoir-faire avant le grand saut.

Ainsi, le 6 février, l'exercice a basculé dans sa deuxième phase active. Une force navale composée de deux PHA français et d'un navire italien de type San Giusto ont simulé la prise d'une zone portuaire et aéroportuaire sur la façade Atlantique. L'entraînement varois des Brivistes servait donc de laboratoire grandeur nature pour ces opérations complexes de reprise de territoire.

La réussite d'un tel déploiement reposait sur une chaîne de commandement rigoureuse. C'est le vice-amiral Royer de Véricourt, commandant du Centre Expert du Commandement Interarmées (CECIA), qui assurait la direction d'ensemble et la cohérence de cet exercice hors norme. Créé le 1er juillet 2024, le CECIA joue ici son rôle de chef d'orchestre, garantissant l'intégration des effets multi-milieux (terre, mer, air, cyber, espace).

Sous l'autorité opérationnelle des structures planifiées par le CECIA, la coopération entre les marins et les « Bisons » du 126ème RI a illustré la nécessaire interopérabilité des forces. Il ne s'agit plus seulement de combattre côte à côte, mais de fusionner les cultures opérationnelles.

Le programme de la journée, incluant une visite de l'état-major embarqué à bord du porte- hélicoptères, témoigne de cette volonté de fluidifier le dialogue entre la terre et la mer. Alors que les tensions internationales exigent une armée « prête à agir », comme le rappelle la devise d'ORION 26, le Var a confirmé son statut de terre — et de mer — d'accueil pour la préparation opérationnelle de haut niveau.

Les Brivistes sont repartis du Var aguerris, prêts à affronter les défis de la guerre moderne, qu'elle soit amphibie, numérique ou terrestre.

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Photos Philippe OLIVIER.