150 ans d'histoire industrielle et maritime seynoise
C'est un pan entier de l'identité varoise qui était mis à l'honneur les 27, 28 février et 1er mars dernier.
Le Rotary Club La Seyne-sur-Mer - Saint-Mandrier, présidé par Régine Scotto d’Aniélo, a orchestré un événement d'envergure intitulé « Ils ont fait La Seyne-sur-Mer ». L'objectif était de préserver la mémoire d'un passé industriel glorieux et lever des fonds pour les œuvres caritatives du club. L'événement a pris place dans un lieu symbolique : l'Hôtel Mercure, situé quai du 10 mars 1962. Ce site n'a pas été choisi au hasard puisqu'il correspond à l'emplacement historique des chantiers, là où tout a commencé avec le développement du chantier de Philip Taylor et l'emplacement de la « Rotonde ».
DEVOIR DE MÉMOIRE
Pour les organisateurs, il est crucial de ne pas laisser s'effacer les traces de cette épopée industrielle. « Notre ville a vécu une tragédie avec la disparition des chantiers navals. Ces lieux où des générations d’hommes et de femmes, unis comme l’équipage d’un navire, ont au travers du temps produit des œuvres hors du commun », soulignent les responsables du Rotary. Ils ajoutent : « Il est inconcevable d’effacer leur trace [...] Il convient au contraire de conserver tout ce qui peut révéler la richesse de cet élan créateur. Cette manifestation se voulait une interrogation du passé pour mieux appréhender le présent, rappelant qu'« avoir été est une condition pour être ». L'exposition s'articulait autour des œuvres de Charles Chantemesse. Ce peintre toulonnais, formé aux Beaux-Arts dans les années 1950, est sorti de sa retraite artistique en 1996 avec une exposition au Fort Napoléon. Si l'artiste est connu pour ses représentations de la figure féminine, mêlant beauté et sensualité, il a consacré la dernière partie de sa carrière au démantèlement des chantiers navals. Ses toiles, qui utilisent des techniques mixtes (huile, acrylique, collage), offrent un témoignage sensible sur la fin de ce patrimoine industriel. Une interview vidéo de l'artiste, réalisée par Yorick Aniel, a été diffusée pour éclairer le public sur sa démarche. « Du passé ne faisons pas table rase », tel est le leitmotiv de cette rencontre culturelle.
MOBILISATION COLLECTIVE
Au-delà de l'art pictural, l'événement a proposé une plongée historique grâce au concours de nombreux partenaires. Les visiteurs ont découvert des maquettes de navires, des films d'époque et des objets précieux. Ce fonds documentaire exceptionnel a été constitué grâce aux archives des éditions Marius Bar et à la participation active des « gardiens de la mémoire ». Plusieurs associations locales étaient aussi fédérées autour du projet : l’A.M.I.A.N.S., le Centre de Ressources sur la Construction Navale, les Bâtisseurs du Laborieux, les artisans maquettistes des Argonautes et l'association Sillages. Serge Razzanti et Patrick Martinenq ont également ouvert leurs archives personnelles pour enrichir le parcours.