27/07/2026

Noël, le fromager gouailleur qui fait rayonner l’Italie

Noël, c’est d’abord une silhouette imposante en blouse blanche qu’on repère de loin entre deux parasols du marché.

RGPar Rédaction Gazette du VarJournaliste 20 avril 2026 Lecture : 5 min
Noël, le fromager gouailleur qui fait rayonner l’Italie
Noël, le fromager gouailleur qui fait rayonner l’Italie© La Gazette du Var
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Une présence. Un regard bleu clair qui s'illumine dès qu'on approche de son étal. Son visage buriné raconte les années passées dehors, sous les auvents, à discuter, plaisanter, vendre comme on respire. Il tient son stand avec autorité, chaleur et une pointe de gouaille.

Chez lui, les fromages ne sont pas alignés : ils sont présentés, presque mis en scène, chacun avec sa petite histoire qu'il raconte d'un geste ou d'un clin d'œil complice. Puis il y a sa voix, qui rit facilement, qui chambre gentiment. Cette voix de commerçant à l'ancienne qui vous lance un « je t'adore » aussi naturel qu'un bonjour.

À Cuers, on revient autant pour ses fromages que pour l'homme.

Noël, c'est ce mélange rare : un physique de vieux routier du marché, une humanité qui déborde, une gouaille tendre qui fidélise autant que ses produits. À Cuers, son « je t'adore » est devenu un rituel, presque une signature. Et chaque vendredi, entre deux parasols, il continue d'amener l'Italie sur un plateau, et aussi, un peu de chaleur humaine.

L'interview Tu es une figure du marché de Cuers. Depuis combien de temps es-tu là ? Noël.

Ça fait 19 ans que je suis à Cuers. J'ai une clientèle merveilleuse depuis des années. Moi, j'amène l'Italie ici, au prix de l'Italie.

Ma recette, c'est simple : la qualité et des prix accessibles. Aujourd'hui, il faut que tout le monde puisse se faire plaisir.

On t'entend dire "je t'adore" à longueur de matinée. C'est ton secret ou c'est toi, tout simplement ? Noël.

C'est ma nature. Je dis ça toute la journée à tout le monde. J'essaye d'apporter de la joie.

Avec le contexte actuel, il y a beaucoup de tristesse, beaucoup d'incertitude. Alors moi, j'essaie d'être un petit rayon de soleil. Et les gens me le rendent bien.

Qu'est-ce qui te plaît le plus ici : les gens, l'ambiance, ou le fait que tu ne t'arrêtes jamais de parler ? Noël.

J'adore parler, je suis d'origine italienne, c'est comme ça. Mais ce que j'aime surtout, c'est ma clientèle. Des gens adorables, fidèles depuis des années.

Je pourrais arrêter les marchés, j'ai trois magasins, mais je viens volontiers. Le contact, l'ambiance... c'est ça qui me plaît.

Tu vas toi-même en Italie choisir tes fromages. Qu'est-ce que tu vas chercher là-bas ? Noël.

J'enlève les intermédiaires. Je suis en direct avec mes producteurs. Je fais réunir mes fromages dans une plateforme dans le Piémont. Je travaille avec eux depuis 19 ans. C'est ma force : la qualité et le prix.

Pour toi, c'est quoi un vrai fromage italien ? Noël.

Le parmesan, le pecorino sardo, tous les fromages de brebis sans colorant, sans conservateur. C'est un bonheur de manger ça.

Y a-t-il un fromage qui raconte ton histoire ? Noël.

Le parmesan. Mon oncle est producteur. Grâce à lui, j'ai les meilleures meules. La fabrication, les caves d'affinage, c'est fabuleux.

Ton étal attire toujours du monde. Comment tu expliques cet engouement ? Noël.

Je travaille à l'ancienne. Des banques réfrigérées, pas de coupure avec le client. Je discute, je plaisante. Je suis dans le contact. Et ça marche.

Raconte-moi une scène typique de ton vendredi matin. Noël.

Quand il y a du monde, je me permets de dire à beaucoup de gens que je les adore. Beaucoup sont seuls. On discute, on rigole, on crée une ambiance. Et c'est naturel, ça sort du cœur.

Noël, le fromager gouailleur qui fait rayonner l’Italie

Un client qui t'a marqué ? Noël.

Beaucoup de personnes âgées. Certaines ne sont plus là aujourd'hui. Elles me manquent. Elles venaient acheter leur fromage, mais aussi pour discuter. C'était un moment d'échange important pour elles. Heureusement, je continue avec les autres.

Tu as toujours la pêche. C'est naturel ou c'est ton carburant ? Noël.

C'est naturel. J'adore mon métier. Tout sort du cœur. Tu te rends compte que tu es devenu un personnage ici ?

Noël. Cela me touche. J'adore mon métier grâce à ça. Ma force, je la récupère dans ce contact-là.

Ton métier en une phrase ? Noël.

Le contact avec les gens. Leur vendre un produit qu'ils ne trouvent pas en grande surface. Je veux qu'on mange des produits d'antan, authentiques. Je vends aussi un peu de charcuterie et de la pasta.

Comment choisis-tu un fromage parfait ? Noël.

Je vais chez mes producteurs, je regarde la production, le produit final. S'il y a des colorants ou des conservateurs, je ne prends pas.

Quel fromage pour découvrir l'Italie sans prendre l'avion ? Noël. Les fromages à pâte dure.

Mon parmesan, bien sûr, le pecorino sous toutes ses formes. Je leur amène l'Italie sur un plateau, avec les prix de l'Italie. Ma force, c'est que je n'ai aucun intermédiaire.

Petites questions « punch line » pour terminer. Si je te dis « le fromage, c'est la vie » ? Noël.

Le fromage, c'est la vie. Un repas sans fromage, ce n'est pas un repas. C'est la convivialité, le bonheur.

Le vendredi, c'est ton jour préféré ou ton marathon ? Noël. Un de mes jours préférés.

Cuers reste un village, malgré ses 13 000 habitants. Le bouche à oreille va vite. Et je viens ici avec grand plaisir.

Tu fais beaucoup goûter... Pour vendre ? Noël.

Pour leur faire découvrir des nouveautés et les personnes apprécient. Et ils reviennent.

Tu préfères un client qui hésite ou un client qui sait ? Noël.

Celui qui sait, c'est plus simple. Celui qui hésite, c'est à moi de lui faire découvrir les bonnes choses.

Et tu as le bon goût pour ça ? Noël. Apparemment oui.

Mais c'est parce que j'aime mon métier. Je pourrais arrêter les marchés demain, mais j'adore le contact.

Ton "je t'adore", il vient d'où ? Noël.

Du marché de La Ciotat. Un jour, je l'ai sorti, c'est venu comme ça, naturellement. Et, c'est resté. Je le dis tout le temps.

Le mot de la fin ? Noël.

Je suis heureux de faire ce métier. Je ne changerais pour rien au monde. Avril 2020 - #259