Philippe Tabarot : « La décarbonation maritime, un enjeu de souveraineté pour la France »
La décarbonation des transports maritimes en Méditerranée s’affirme comme une priorité nationale, englobant des enjeux environnementaux, économiques et de…

Le 20 avril, le ministre des Transports était dans le Var pour une journée marquée par un double événement avec la réouverture de l'île de Bendor après cinq ans de travaux et le baptême du navire électrique qui va assurer la liaison avec le continent. Ce déplacement s'est inscrit dans une politique de décarbonation du transport maritime en Méditerranée, illustrant la collaboration entre acteurs publics et privés. Pour le ministre des Transports, la décarbonation des transports, et plus particulièrement du secteur maritime, est au cœur des préoccupations en France, et singulièrement dans la région méditerranéenne : « Il faut essayer d'agir au niveau international dans le cadre de l'organisation mondiale internationale pour que tous les pays prennent leur part sur cette décarbonation des transports.
La France, qui a pris des engagements, notamment au travers des sommets de l'UNOC qui s'est tenu à Nice, doit désormais les respecter et montrer l'exemple. Cet effort ne doit pas se limiter à l'État, mais doit également inclure les compagnies privées ».
ENGAGEMENT EUROPÉEN L'État français s'est engagé, au niveau européen, à atteindre « zéro émission » avant 2050. Selon Philippe Tabarot, cet objectif est un symbole fort : « L'État a pris des engagements au niveau de la décarbonation au niveau européen avant 2050 pour être à zéro émission. Les avancées sont rapides, grâce aux efforts conjoints des chargeurs, des armateurs et de l'État qui les accompagne.
De nombreuses filières, souvent novatrices et notamment françaises, investissent massivement dans cette direction. Il existe également un écosystème européen à la pointe, qu'il convient d'accompagner pour favoriser son développement, tout en respectant l'environnement et en tenant les engagements internationaux ».


L'électrification est un axe majeur de cette stratégie de décarbonation. Un appel à projets a été lancé, mobilisant 60 millions d'€ pour ce que l'on nomme les « ETS » (Electric Transport Systems). Ces fonds de l'État visent à financer des projets privés contribuant à décarboner le transport maritime.
La filière Vélique est particulièrement citée comme un exemple d'innovation dans ce domaine. Le ministre a rappelé les réalisations déjà effectuées et celles à venir : « Nous l'avons fait sur le port de Marseille, nous l'avons fait avec le président Muselier, avec le président du Département sur le port de Toulon, nous allons le faire sur le port de Nice ». En effet, la Région a fortement soutenu cette démarche d'électrification, la mettant en œuvre progressivement mais sûrement.
Au-delà de l'impératif environnemental, la décarbonation du transport maritime est perçue comme un enjeu économique et de souveraineté nationale. « On a un enjeu aujourd'hui qui est un enjeu bien sûr environnemental mais qui est devenu un enjeu économique par rapport à la crise qu'on connaît et un enjeu de souveraineté. Qui ne veut pas être souverain ?
Qui ne souhaite pas ne pas être dépendant d'énergie fossile, d'énergie fossile de pays qui ne sont bien souvent pas nos alliés ? Donc la question de l'indépendance est un vrai sujet », a conclu Philippe Tabarot.


Photos Philippe OLIVIER.