« Les deux coureurs », par Dan Goetzinger
Dan Goetzinger, nouvelliste et vieil ami des londais, présente à nos lecteurs « Les 2 coureurs », une histoire extraite de son recueil « Marathon Dan et…

DEUXIÈME ÉPISODE C'est à partir de ce jour-là, que j'ai voulu acquérir une montre-cardio-GPS, c'est comme cela qu'on les appelle sur la toile, où je suis allé surfer. Je me demandais, en effet, si j'avais déjà couru en une seule traite cent kilomètres, sans le savoir. Vous voyez, ma vie est assez monotone, sauf quand j'enfile mes chaussures de course, j'aime bien courir sans connaître tous ces machins, vous savez les clubs, le fractionné, le seuil et tout le toutim.
Ah, j'oubliais toutes les billevesées (merci Dan) et les fumisteries des compléments alimentaires qu'on nous vend, laissez-moi rire ! De l'eau et une alimentation saine sont bien suffisantes...
Puis, j'ai eu de mauvaises pensées et envie d'avoir une meilleure vie, surtout après avoir lu, (si, si !) , un roman trouvé dans une boîte à livres, ça s'appelle "L'envolée belle", d'un auteur allemand dont j'oublie le nom. Le gars du livre est coureur à pied et a la particularité d'être aussi un voleur, et donc il cambriole des banques et s'enfuit en courant, ce qui est bien plus pratique et immédiat que tout autre type de locomotion...
Donc, ces mauvaises pensées, et bien forcément vous imaginez, je me suis dit "pourquoi pas moi ?"
En ce temps-là, je travaille en centre-ville, un petit boulot pour pas mal de mois pour une fois, et mon trajet me mène tous les matins et les soirs devant un comptoir d'agent de change, le quartier est touristique. Je repère à plusieurs reprises le manège du convoyeur de fond qui vient très tôt le lundi matin. Le petit malin est en civil, dans une voiture banalisée...
Il est légèrement corpulent et ne donne pas l'impression d'être, disons, très athlétique. Sa sacoche est des plus communes et pas grande du tout, et il n'y a pas de chaînes qui relient la main du convoyeur à la poignée du sac, comme dans un film policier. Bizarrement, quand j'étudie la configuration des lieux et les horaires possibles du convoyeur de fond, j'ai le palpitant qui rue dans les brancards, alors que même pendant mes sorties de course à pied les plus longues, celui-ci reste généralement sous les quatre-vingt-dix pulsations par minute, jusqu'à cent plus rarement...
À suivre...
