06/10/2026
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L’abandon des harkis appartient, lui aussi, à la France

Le maire de La Londe a rappelé la responsabilité de la France dans la tragédie des harkis lors de la journée nationale d'hommage.

LRPar La RédactionJournaliste 5 octobre 2026 Lecture : 3 min
L’abandon des harkis appartient, lui aussi, à la France
L’abandon des harkis appartient, lui aussi, à la France© La Gazette du Var
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C’est par un discours empreint de solennité et de gravité que François de Canson a commémoré le 25 septembre la journée nationale d’hommage aux harkis et autres membres des formations supplétives.

En présence des autorités civiles et militaires, des associations d’anciens combattants et des familles, l’élu a souligné la nécessité pour la Nation de regarder en face une des pages les plus douloureuses de son histoire contemporaine, sans concession ni oubli.

Une blessure que l’Histoire ne peut effacer

Le maire a insisté sur le caractère indélébile de la mémoire des harkis, la qualifiant de « blessure que ni le passage des générations, ni l’apaisement des passions, ni même la lente œuvre de l’Histoire ne peuvent véritablement effacer ». Pour lui, la grandeur d’une nation ne se mesure pas à sa capacité à occulter son passé, mais au contraire à l’assumer dans sa totalité, avec ses parts d’ombre et de lumière.

Une Nation ne se grandit jamais en arrangeant son passé à la mesure de son confort présent. Cette cérémonie n’est donc pas un simple rituel calendaire mais l’expression d’une fidélité que la République se doit à elle-même et à ceux qui l’ont servie au péril de leur vie

François de Canson a rappelé l’engagement de ces hommes qui, « dans la tourmente de la guerre d’Algérie », ont fait le choix de la France. Un choix fait « non pas dans la tranquillité des jours heureux mais dans le fracas de l’Histoire », un choix qui exposait leur vie et celle de leur famille. Ils servirent un drapeau dont ils pensaient, parce qu’ils avaient raison de le penser, qu’il les protégerait à son tour.

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Pourtant, l’indépendance de l’Algérie a marqué le début d’une tragédie : l’abandon par la France, suivi des représailles sanglantes, de l’exil forcé pour une minorité et, pour ceux arrivés en métropole, d’un accueil souvent indigne dans des camps ou des hameaux de forestage, prolongeant l’épreuve de l’arrachement.

Par ailleurs, le maire est revenu sur la transmission silencieuse de cette douleur au sein des familles, une histoire longtemps tue, vécue « à voix basse, dans l’intimité des maisons ». Il a salué la loi du 23 février 2022 comme une étape cruciale, inscrivant dans le droit « la reconnaissance de la Nation envers ceux qui avaient servi la France, et celle de sa responsabilité dans les conditions indignes d’accueil ».

Cette reconnaissance législative, bien que nécessaire, ne peut cependant suffire à elle seule à guérir toutes les plaies. La loi peut reconnaître une faute ; elle ne rend pas les années perdues. Elle peut ouvrir un droit à réparation ; elle ne restitue ni une jeunesse, ni une maison abandonnée, ni un père disparu

La Londe-les-Maures, un chemin de fraternité

Le discours a pris une résonance particulière en évoquant l’histoire locale. En 1963, la commune, sous l’impulsion du maire de l’époque, Philippe de Canson, a accueilli quarante-cinq familles de harkis.

Il a compris que l’on n’accueille des hommes ni derrière des clôtures ni à l’écart des autres. En leur donnant la possibilité de travailler, de loger leurs familles et d’envoyer leurs enfants dans les mêmes écoles que les autres, la commune a permis à ces exilés de reconstruire leur vie et de devenir une part intégrante de l’identité londaise
Le courage [des harkis] appartient à la France. Leur engagement appartient à la France. Leur sacrifice appartient à la France. Et leur abandon, lui aussi, appartient à la France
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Photos Alain BLANCHOT.