16/08/2026
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Plongeurs d’élite et robots à l’assaut de l’épave de La Lune

Le Drassm et la Marine nationale ont mené une exploration humaine et robotique de l’épave du vaisseau royal La Lune.

LRPar La RédactionJournaliste 17 août 2026 Lecture : 3 min
Plongeurs d’élite et robots à l’assaut de l’épave de La Lune
Plongeurs d’élite et robots à l’assaut de l’épave de La Lune© La Gazette du Var
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Une mission archéologique de haute technicité, baptisée « Objectif Lune », s'est achevée le 10 juillet au large de Toulon. Pendant cinq jours, les experts du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) et les plongeurs d’élite du CEPHISMER de la Marine nationale ont exploré l’épave de La Lune.

Ce vaisseau de la flotte de Louis XIV gît par 90 mètres de fond. L'opération a permis de combiner pour la première fois une plongée humaine à grande profondeur et une intervention robotique de pointe sur ce site exceptionnel.

La Lune, une capsule temporelle du 17ème siècle

Le destin de La Lune est une tragédie maritime qui a marqué l’histoire. Le 6 novembre 1664, le navire, revenant d’une expédition militaire désastreuse à Djidjelli (actuelle Algérie), sombre corps et biens en quelques instants lors d’une violente tempête au large des îles d’Hyères.

Déjà en très mauvais état et surchargé, il emporte dans les profondeurs plus de 900 personnes. Découverte en 1993 par le sous-marin Nautile de l’Ifremer, l’épave est depuis les années 2010 un site d’étude majeur pour le Drassm, co-dirigé par Olivia Hulot et Michel L’Hour.

Les précédentes campagnes ont déjà permis de remonter un mobilier archéologique d’une richesse inouïe : céramiques, vaisselle, pièces d’artillerie, ou encore la cloche du navire. Ces témoins de la vie à bord au temps du Roi-Soleil sont en partie exposés au Musée national de la Marine à Paris.

L’épave reposant à 90 mètres, bien au-delà de la limite légale de 50 mètres pour les plongées à l’air, son étude a toujours représenté un défi technologique. Jusqu’à présent, les recherches étaient menées à l’aide de robots sous-marins filoguidés (ROV) depuis les navires scientifiques du Drassm.

Plongeurs et robots en action

La campagne de juillet a marqué un tournant. Six plongeurs du Centre Expert Plongée Humaine et Intervention Sous la MER (CEPHISMER) ont collaboré avec les équipes du Drassm.

L’objectif était de remonter des objets emblématiques repérés en 2025, dont un canon en bronze portant des armoiries et une immense jarre à eau.

Pour cette tâche délicate, les plongeurs ont été assistés par deux robots : Hilarion (Drassm) et Deep Trakker (CEPHISMER). Ils assuraient l’éclairage, la documentation vidéo et la complétion de la modélisation 3D du site.

Un partenariat stratégique

Sous l’égide du préfet maritime de la Méditerranée, cette mission a servi de terrain d’entraînement exceptionnel pour la Marine nationale. Le CEPHISMER développe des procédures pour étendre les capacités de ses plongeurs-démineurs, visant une profondeur de 120 mètres pour des interventions de 15 minutes.

La mission sur La Lune a été une occasion unique de valider ces protocoles en conditions réelles et d’exercer des gestes techniques complexes.

Ces compétences sont essentielles pour les futures missions de maîtrise des fonds marins, de sauvetage de sous-marins ou d’actions de l’État en mer. Les experts du CEPHISMER ont apporté leur savoir-faire en matière de génie sous-marin et de manutention de charges lourdes, indispensable pour la remontée des artefacts.

Le Drassm, 60 ans au service du patrimoine immergé

Le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) est un service du ministère de la Culture chargé de gérer et d’étudier le patrimoine archéologique sur l’ensemble du domaine public maritime français.

Fondé le 30 septembre 1966 par André Malraux, alors ministre de la Culture, il fut le premier service du genre au monde. En 60 ans d’existence, le Drassm a mené des opérations sur près de 2 000 sites, devenant une référence internationale en matière d’archéologie sous-marine et de robotique.

L’année 2026 a marqué ce soixantième anniversaire, célébré à travers de nombreux événements en partenariat avec des institutions historiques comme la Marine nationale, qui fêtait, de son côté, ses 400 ans.

À noter...

Toutes les informations sur les recherches et les événements sont disponibles sur https://www.drassm.fr.

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Article issu de l'édition papier de La Gazette du Var